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Festicar a rencontré François Gautreau de FAIRLY

Dernière mise à jour : 12 janv.



"Cela nous semble important de montrer que si l’effort de transition amène forcément de la contrainte, il y a des perspectives d’actions et de progression... C’est tout ce qu’on souhaite pour la filière culturelle, un engagement qui n’implique pas perfection mais transparence des pratiques."

François Gautreau, Responsable communication chez Fairly



Bonjour François, peux-tu te présenter et présenter Fairly en quelques mots ?

Je suis François Gautreau et je m’occupe de communication et de partenariats pour Fairly, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans les diagnostics d’impacts RSE de la filière culturelle. 



Fairly Score est souvent présenté dans les médias comme le nutriscore ou en quelque sorte le Yuka du secteur musical, pourquoi cette appellation ?

Parce qu’en France voire ailleurs, tout le monde connait le Nutriscore et beaucoup connaissent Yuka, ça permet de situer rapidement l’idée de ce que propose Fairly Score. Même si en l'occurrence on a tenu dans Fairly Score à ne pas trop simplifier la mesure d’impacts, pour rendre compte le plus fidèlement possible du triptyque qui nous semble essentiel entre les différents impacts : le carbone, l’environnemental plus global, et l’économique et social, souvent délaissé dans les études et outils de mesure jusqu’ici. 



Le public des festivals de musique actuelle et des événements culturels au sens large est de plus en plus sensible aux enjeux écologiques mais également aux impacts éco-sociaux comme en témoigne une étude produite par Bona Fidé en partenariat avec l’IFOP. En quoi Fairly peut répondre à ce besoin de transparence auprès du public sur l’engagement des professionnel·le·s du spectacle vivant ?

La promesse de Fairly c’est de proposer l’outil de diagnostic RSE le plus complet à toutes les structures de productions culturelles. Dans le but de piloter facilement leur stratégie sur ces thèmes et, si elles le souhaitent, les communiquer à leurs publics, parties prenantes, artistes, financeurs, etc. 

Si le principe d’évaluation peut philosophiquement être débattu, on estime qu’on ne pourra pas agir efficacement sans des outils impartiaux et fiables. 



Dans les perspectives de développement de la plateforme, vous prévoyez de créer des

connexions avec des logiciels professionnels du spectacle vivant, que ce soit la production ou encore la billetterie, quels sont les avantages pour les organisateur·rice·s d’événements ?

Les premiers partenariats avec des logiciels de productions comme Heeds ou Orfeo sont déjà effectifs et ils ont un double effet. Gagner du temps en “aspirant” des données déjà existantes dans des logiciels qu'utilisent nombre de productions en France pour les intégrer directement à Fairly Score. Et fiabiliser du même coup ces données, en évitant les erreurs de saisie et approximations. 

On croit beaucoup au fait de nourrir le diagnostic collectivement à l’échelle d’une structure pour que le maximum de personnes se sentent impliquées et progressent sur ces questions, cependant si on peut leur faire gagner du temps dans ce travail alors qu’on a des partenaires qui détiennent déjà ces données c’est encore mieux. 


Depuis sa création, Fairly est rattaché à la coopérative Grand Bonheur basée à Marseille qui regroupe des structures aux esthétiques différentes mais dont le champ d’action est commun : accompagner des artistes dans la création, la production et la diffusion de leur projet. Qu’est-ce que vous apporte cette proximité directe avec ces professionnel·le·s du secteur ?

Fairly est une structure indépendante, mais elle s’appuie effectivement sur des compétences techniques qu’elle ne possède pas en interne et trouve au sein de Grand Bonheur. Au-delà de ces considérations pragmatiques, toutes les structures liées à la coopérative Grand Bonheur se retrouvent grandement dans les valeurs liées à l’économie sociale et solidaire, tout cela fait sens. 


Face aux enjeux environnementaux actuels, les festivals se posent de plus en plus la

question de leur impact écologique pour faire émerger un mode plus soutenable. Es-tu

favorable à la création d’un “label vert” dédié aux festivals comme le souhaite le Nancy Jazz Pulsations ? Comment Fairly pourrait y contribuer ?

Fairly ne s’est jamais positionné comme un label et ne le sera pas. Il nous semble important de ne pas ajouter d’initiatives à celles qui existent déjà, mais plutôt d’en agréger le maximum à travers des labels reconnus, critères, études, et tout le travail que font l’Ademe, les ministères, le REEVE, le collectif des festivals, l’ensemble des associations qui luttent contre les VSS, etc, afin de les synthétiser dans un seul et même diagnostic. 

En l'occurrence le Nancy Jazz Pulsations est un des premiers utilisateurs de la solution et on est fiers de collaborer avec eux sur ces enjeux. 


La décision en 2024 du groupe Shakaponk de mettre fin à ses activités illustre le malaise actuel des musiques actuelles et du secteur culturel plus largement affichant une volonté de réduction de leurs impacts environnementaux mais immobilisé de facto dans un système capitaliste de surconsommation et d’épuisement des ressources. Comment Fairly peut apporter des solutions concrètes pour répondre à ce paradoxe ? 

On en revient à une nécessaire prise de conscience qui se base sur des données factuelles et précises plutôt que sur des débats de valeurs ou des actions aux impacts plus ou moins flous. Cela nous semble important de montrer que si l’effort de transition amène forcément de la contrainte, il y a des perspectives d’actions et de progression. Ça nous ramène à l’analogie avec le Nutriscore. Toutes les études prouvent le double effet positif de ce type d’initiative quand elles sont sérieusement menées : en amont avec des changements de production plus vertueux, et en aval pour les consommateurs qui privilégient les produits les plus sains, voire ceux qui affichent un score plutôt qu’un produit qui n’en affiche pas du tout. C’est tout ce qu’on souhaite pour la filière culturelle, un engagement qui n’implique pas perfection mais transparence des pratiques. 


Peut-on considérer que Fairly est une entreprise militante ?

Au titre où l’on prône volontiers l’obligation de comprendre, analyser nos impacts, pour mieux pouvoir les réduire, ou assurément les contrôler, oui. Après, cette ambition d’accompagner la transition du spectacle vivant tient plus d’une aventure collective évidente que du militantisme. 


Au-delà des considérations écologiques, Fairly propose de calculer tout un panel

d’indicateurs sur les questions sociétales et d’inclusivité (parité dans les programmations, dans la gouvernance des structures culturelles et dans les équipes, violences et harcèlements sexistes et sexuelles, prise en compte des publics en situations de handicap, conditions de travail…). Pourquoi cette vision 360° essentielle n’est pas encore assez prise en compte dans l’organisation des événements culturels ?

La prise en compte des enjeux liés à la RSE est à bien des égards devenue incontournable, mais elle est finalement assez récente. A l’échelle des modes de productions globaux, mais encore plus si l’on se réfère au spectacle vivant, nous sommes en retard, tant dans les réflexes que dans les politiques publiques. Le cinéma, le jeux vidéos, et bien d’autres filières au-delà de la culture ont entamé leur mue bien avant la production musicale par exemple, donc il nous faut rattraper ce retard. Ce qui peut paraître un peu paradoxal avec le fait que cette filière est globalement animée par des personnes passionnées, souvent investies sur les sujets RSE, pour ne pas dire militants. 


Fairly Score a débuté avec un mode Festivals, le mode Salle existe depuis avril, et le mode Producteur/Tourneur a pu voir le jour à la rentrée 2025, quelles sont vos perspectives de développement pour les années à venir ?

Le mode dédié aux tournées et productions est désormais disponible au même titre que les deux premiers évoqués en effet. C’est le fruit de quatre ans de travail, et d’un lancement entamé il y a une bonne année avec ce premier mode, qui nous permet aujourd’hui de proposer un outil de diagnostic RSE complet à toutes les structures du live qui souhaitent s’engager dans cette voie. 

C’est d’autant plus intéressant que ces trois modes promettent de converger à terme, l’impact du live n’étant pas seulement celui d’un festival, d’une salle, ou d’une tournée, mais parfois la rencontre des trois. 

Par ailleurs, nous prévoyons d’approfondir les ponts technologiques déjà construits avec des outils de production comme Orfeo ou Heeds, et d’autres intégrations technologiques qui permettront aux structures qui utilisent l’outil, de gagner toujours plus en fiabilité et en efficacité pour obtenir un diagnostic RSE. 


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